Le couloir de la mort - Roger W. McGowen
Je ne sais pas si vous avez lu ce livre poignant et merveilleusement écrit par Pierre Pradervand : « L'audace d'aimer : une voie vers la liberté intérieure » aux éditions Jouvence.
Je découvre ce livre et en savoure chacune de ses pages le cœur en fête. Il est une magnifique leçon de vie.
Il retrace la vie carcérale de Roger W. McGowen vivant dans « les couloirs de la mort » depuis 25 ans, condamné pour un crime qu'il n'avait pas commis.
Dans cette prison, reconnue comme étant le pire ghetto de Houston dans le Texas, cet homme, enfermé à l'âge de 23 ans, a trouvé et ouvert, dans sa cellule de 3 mètres sur 2, toutes les portes menant à un extraordinaire éveil spirituel.
Plutôt que de sombrer dans la haine, la colère, le désespoir, le découragement où devait logiquement l'amener les conditions désastreuses de détention, Roger fit le choix de l'acceptation ( “Toute chose a un sens et une raison d'être“ dit-il), le choix de l'espoir en la vie, de la liberté intérieure.
Pendant ces longues années de détention dans des conditions inhumaines, cet homme, justement pour ne pas sombrer dans le désespoir, fit l'apprentissage de la foi en la vie et en Dieu, de la gratitude, de la paix, de la bénédiction, du pardon, de l'amour inconditionnel.
Il écrivait, il y a moins de deux ans, que c'était l'amour qui augmentait sa foi au point qu'il ne regrettait pas le moindre du monde d'être dans le couloir de la mort depuis près de vingt cinq ans.
Pour lui, “ vivre c'est aimer, même celui qui vous fait du mal. Vivre c'est bénir, c'est prier, c'est servir. “
Pour Roger être libre est un simple choix, une décision personnelle. Il dit que “ les prisons, de quelque type qu'elles soient, ne peuvent nous enfermer physiquement, mentalement, émotionnellement et psychologiquement que si nous y consentons. Tant que nous pouvons croire et rêver, nos espoirs ne meurent pas. Tant que subsiste l'espoir, nos esprits restent libres et aucun homme ne peut emprisonner le cœur et l'âme de celui qui choisit de rester libre .“
Au sein de l'enfer où il vit toujours depuis près de vingt cinq ans, il a choisi d'aimer plutôt que haïr.
Il explique combien c'est difficile de haïr et tellement plus facile d'aimer:
“ Vivre nous permet d'apprendre que haïr celui qui nous hait en lui renvoyant sa haine ne vaut pas l'effort qu'on y met. Vivre, c'est découvrir qu'aimer est plus facile que haïr. Aimer fait vivre, ça ne demande plus d'effort au bout d'un certain temps. La haine, par contre, est contraire à notre nature divine profonde et elle fait plus de mal que de bien au corps, à l'esprit comme au cœur et à l'âme…
…Il est simplement impossible d'aimer et de haïr en même temps ! L'amour est la chose la plus simple et la plus naturelle dont je n'aie jamais fait l'expérience. Certains disent qu'il est difficile d'aimer. Mais moi, je dis que c'est difficile de haïr parce que pour haïr, il faut avoir des raisons de le faire et nous devons nous rappeler le tord que quelqu'un nous a fait pour pouvoir le haïr. Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais pour moi, c'est tout simplement trop de travail. “
Dans cet enfer carcérale qui a été sa vie durant tant d'années, sa recherche de la paix fait partie de son quotidien:
“En fait, la plupart des jours se ressemblent, bien que par moments, le chaos les envahissent. Dans ces moments-là, je recherche la paix qui est au fond du chaos. Oui, je pense que beaucoup de gars ici ont pour la première fois le temps de regarder profondément en eux-mêmes et de voir ce qu'ils ne pouvaient pas voir quand ils étaient libres : leur beauté intérieure, leur enfant intérieur et, ce qui est le plus important, de voir qu'ils ont la force de pardonner. Nombre de ceux qui sont entrés ici sont arrivés avec beaucoup de haine au cœur. Plus on la laisse grandir, plus elle nous dévore, mais en fin de compte, la paix est ce que nous découvrirons tous, que nous le voulions ou non. “
Grâce notamment au travail remarquable Pierre Pradervand, à travers ses livres et ses actions diverses envers la cause de Roger McGowen, des milliers de gens dans le monde ont pu correspondre avec Roger et, cet échange a littéralement transformé leur vie.
A sa manière, il nous enseigne que le sombre, en fait, n'existe pas, que c'est l'interprétation qu'on en fait qui lui donne de l'existence. Il lui a suffit da changer son regard pour découvrir l'amour en toutes choses, dans chaque être, en lui-même, en tout.
De sa prison du Texas, il est devenu un exceptionnel guide spirituel pour l'humanité.
Cet « autodidacte de la spiritualité », du fond de sa geôle, a trouvé ainsi un sens à sa vie : celui, entre autre, d'éclairer l'humanité.
De cette vie carcérale impitoyable, de ce couloir de la mort, où se côtoient les sentiments les plus sombres, a jailli en lui la lumière, l'amour inconditionnel.
jean Graciet
le site de Roger McGowen : http://www.rogermcgowen.org/francais.html
le site de Pierre Pradervabd : http://www.vivreautrement.ch/pierre-pradervand.html
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